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Paru sur Libération

jeudi 18 mars

En Poitou-Charentes, Jean-Pierre Raffarin est venu hier soir soutenir «sa» candidate dans un fief où le PS pourrait l'emporter.
Morin, «dame de cœur» fragile




Saint-Benoît (Vienne), envoyée spéciale


'ambiance était dehors, sous les banderoles, hier à Saint-Benoît, à côté de Poitiers. «Raffarin démission !», «Non à la casse sociale», «Justice nulle, part police partout !», «UMP poil au nez !» C'est sous les cris d'environ un millier de manifestants selon une source policière (soit un peu plus de monde que dans la salle de meeting) réuni par Sud, la FSU, la LCR et la CNT que Jean-Pierre Raffarin, venu soutenir Elisabeth Morin, la tête de liste UMP dans la région, a retrouvé son Poitou chéri.

Rescousse. Le Premier ministre a beau jurer qu'il ne s'agit que d'une échéance «locale», et qu'«à élection territoriale, leçon territoriale», comme il l'a expliqué hier dans un entretien à la Nouvelle République du Centre-Ouest, c'est en tant que Premier ministre, accompagné de sa femme, de sa soeur et de son fidèle secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, qu'il a été accueilli hier par ses détracteurs. «Je rencontre de nombreux Français qui me disent : Jean-Pierre, tiens bon», s'est-il rassuré ensuite à la tribune.

Pour sauver la région qu'il a laissée en 2002 à Elisabeth Morin, il met le paquet. Dès le 24 décembre, il était aux côtés de sa candidate à Poitiers. Lundi, il sera à La Rochelle pour l'encourager entre les deux tours. Ses dernières semaines, il a envoyé plusieurs ministres, son populaire numéro 2 Nicolas Sarkozy, Michèle Alliot-Marie et Jean-Louis Borloo à sa rescousse. Alain Juppé, président de l'UMP, a également fait le déplacement dans la région. Voilà pour les coups de pouce. Sans compter le salon de l'agriculture dont le Poitou-Charentes s'est opportunément retrouvé invité d'honneur, permettant à sa présidente Elisabeth Morin de chouchouter sa clientèle électorale de petits producteurs. C'est que la candidate est en danger. Plusieurs sondages la donnent perdante face à sa rivale socialiste Ségolène Royal. Une défaite annoncée que Raffarin voit d'un mauvais oeil. Même s'il martèle que ce n'est pas lui le candidat, il sait bien qu'une raclée dans son fief l'atteindra directement. Et pourrait lui coûter son fauteuil de chef du gouvernement si elle était associée à d'autres échecs dans les régions actuellement détenues par la droite.

Envahissant. Le locataire de la rue de Varennes a été élu trois fois à la tête de la région. Il a désigné Elisabeth Morin comme sa dauphine, celle qu'il appelle la «dame de coeur» contre la «pro qui utilise toutes les manoeuvres de la politique», Ségolène Royal. «Tu nous as épatés Elisabeth», lui a-t-il lancé hier. La tête de liste semble presque gênée de ce soutien envahissant. «Moi, c'est moi», dit-elle avant d'expliquer qu'en tant que présidente de région, elle fait des efforts en faveur de la recherche et de la culture que le gouvernement ne fait pas. Elizabeth Morin ne parvient pas à se dire «confiante» mais simplement «déterminée». L'entourage de Raffarin est également peu optimiste sur l'issue du scrutin. «Ça va être très serré, glisse un proche du Premier ministre. C'est déjà pas mal pour une candidate qui avait 20 points de notoriété de retard sur sa rivale.» On se console comme on peut.


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