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Paru sur Yahoo

vendredi 19 mars 2004, 9h54  

Régionales : Raffarin à la rescousse en Poitou-Charentes




A trois jours du premier tour des élections régionales, Jean-Pierre Raffarin a invité les Français à "voter" et "faire voter", pour limiter une abstention massive dont la droite risque de faire les frais, notamment dans le Poitou-Charentes où la socialiste Ségolène Royal est en tête dans les sondages.
"Il faut aller voter dimanche", a lancé jeudi soir le Premier ministre devant 800 personnes réunies dans une salle de spectacle de Saint-Benoît, petite commune limitrophe de Poitiers, pour soutenir Elisabeth Morin, candidate UMP en Poitou-Charentes, région qu'il a présidée pendant 14 ans.

"En tant que Premier ministre de la France, je dis aux Françaises et aux Français que la meilleure réponse de la démocratie à toutes les menaces qu'on veut faire peser sur la démocratie, quelles que soient les opinions, c'est dimanche il faut voter." Il faisait allusion aux menaces d'attentats qui pèsent de nouveau sur l'Europe depuis ceux du 11 mars à Madrid.

Si l'appel était général, il visait aussi clairement à venir au secours d'Elisabeth Morin, distancée dans les sondages par sa rivale socialiste, Ségolène Royal, qui tenait meeting au même moment dans une salle de sport de Poitiers, devant 2.000 à 2.500 personnes.

Elisabeth Morin, qui a succédé à Jean-Pierre Raffarin à la présidence de la région en 2002 lorsqu'il est devenu Premier ministre, avait auparavant lancé un double appel aux électeurs. "J'appelle tous les électeurs à ne pas marcher dans les combines de test national. Les élections régionales, ce n'est pas le troisième tour d'élections présidentielles ratées par Lionel Jospin", a-t-elle déclaré. La gauche appelle les électeurs à profiter des élections régionales pour "sanctionner" la politique du gouvernement.

LA "RESISTANCE" D'ELISABETH MORIN

"J'appelle tous les électeurs à ne pas se laisser emporter vers des votes extrémistes qui mettraient le Front national en arbitre de nos élections, parce que nous avons toujours vu que le Front national était une bouée de sauvetage pour la gauche", a ajouté Elisabeth Morin. "Dimanche, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre région et votez pour l'intérêt de votre région, parce qu'il sera trop tard de se réveiller groggy le 29 (mars)."

Au moins un millier de manifestants - étudiants, professeurs, intermittents du spectacle ... - contenus par un important dispositif policier, avaient perturbé l'accès au meeting en bloquant plusieurs rues et la réunion a commencé avec 20 minutes de retard.

Le maire de Saint-Benoît, Dominique Clément, a ouvert le feu contre Ségolène Royal. "Nous avons besoin d'une présidente qui ressemble à notre région et pas d'une candidate Canada Dry", a-t-il dit. Ségolène Royal, "c'est le sectarisme à visage poupin !", a renchéri le député UMP Jean-Yves Chamard.

Jean-Pierre Raffarin a débuté son intervention par un couplet nostalgique sur son expérience à la présidence de la région avant de rendre hommage à Elisabeth Morin, dont il a salué la "résistance" face à la compagne du premier secrétaire du PS, François Hollande. "Merci à toi Elisabeth, merci de ton courage dans cette campagne électorale face à une pro de la politique qui utilise toutes les techniques, toutes les manoeuvres du traditionnel professionnel de la politique", a-t-il dit. "Tu as tenu bon et tu t'es affirmée comme une vraie pro de l'engagement régional (...) Tu es en train de non seulement résister, mais d'affirmer cette force démocratique territoriale qui peut l'emporter."

C'était sa dernière réunion publique avant le premier tour des régionales. Il a prévu de participer dès lundi à un meeting de soutien à Elisabeth Morin, à La Rochelle.

Elisabeth Morin a tenu à marquer qu'elle avait sa propre personnalité, tout en assurant le Premier ministre de sa loyauté. "Moi c'est moi (...) Je ne suis l'ombre de personne", a-t-elle dit.
Devant ses propres partisans, Ségolène Royal a pour sa part reproché à la droite de "rêver d'une région sans élections où elle se coopterait comme au Sénat."


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