Menu





Navigation:

Menu

Résumé de ce qui s'est passé avant le 18/02/04



Depuis quinze jours dure une grève votée par les étudiants de Poitiers dans les filières du Sport, des Lettres et Langues et de Biologie pour réagir à la réforme prévue par le Ministre de l’Education Nationale, Luc Ferry. Celle-ci annonce une restriction des postes accordés au diplôme du CAPES qui vont de 15% en lettres à 43% en sport ou espagnol. Cette réforme est justifiée par une baisse démographique et les postes manquants seront occupés par des vacataires, et ce dès la prochaine rentrée.

Les étudiants tentent donc de sensibiliser la population du danger que représente cette réforme et revendiquent le maintien des quotas actuels pour ainsi profiter de cette baisse et alléger des classes déjà trop lourdes. En effet l’application de cette décision constituerait un péril pour l’éducation, car elle revient à la pénaliser pour des raisons économiques, ce qui est inadmissible car l’école est la base de notre société démocratique. De plus la baisse démographique prétextée pour justifier de telles économies est évaluée à hauteur d’à peine deux élèves par classes, ce qui ne suffit pas pour légitimer de telles restrictions. Les postes passeront donc de 18000 en 2002 et 2003 à 12500 et les trous seront comblés par des vacataires payés au lance-pierre et ne bénéficiant ni de formation pédagogique, ni de la possibilité de faire valoir leurs droits. Il est évident que cette mesure s’inscrit dans une politique de saignement des domaines de l’éducation et de la recherche menée par le gouvernement au profit de l’intérieur de la défense faisant de notre pays un pays de répression, mesure adroitement mise en place la veille des examens du CAPES et des vacances, ce qui a pour effet d’affaiblir le mouvement de contestation.

C’est il y a deux semaines que les étudiants en Sport ont voté la grève suivis le mardi 10 février par l’UFR Lettres et Langues et le jeudi 12 par celui de Biologie. Jour après jour les étudiants se sont mobilisés et quotidiennement se tient une manifestation ou une campagne d’information dans les amphithéâtres menant le mouvement à près de mille personnes. Cette grève a été marquée par quelques actions symboliques telles que l’enchaînement en silence de deuil aux grilles du rectorat, de la Préfecture et de l’IUFM, le barrage filtrant du campus, l’occupation durant une dizaine d’heures des locaux de l’IUFM lundi dernier ou bien la manifestation devant le domicile de Jean-Pierre Raffarin hier rassemblant plus de 300 personnes. Le mouvement est soutenu par la grande majorité des professeurs des UFR en grève et par le Doyen de Lettres et Langues et les grévistes ont été reçus par Mme le Recteur d’Académie et Mme Elisabeth Morin, Présidente du Conseil Général, sourdes à l’appel des étudiants. En revanche Mme Ségolène Royal a annoncé son soutien aux manifestants. Aujourd’hui même est reçue au Ministère une délégation des porte-parole des grévistes de Poitiers et une manifestation est prévue cet après-midi avec les professeurs. Cette contestation souffre de n’être pas assez médiatisée, les journaux régionaux ne passant qu’un flash de trente secondes d’informations vagues et subit une volonté d’étouffement de la part du pouvoir comme le montrent les convocations de M le Doyen et d’un professeur de Lettres Modernes s’étant confié aux journalistes chez Mme le recteur dans un but de remontrances.

L’action se poursuit cette semaine les grévistes espèrent passer le relais aux autres universités durant les vacances, car un mouvement s’essouffle vite dans de telles conditions.


Propriété intellectuelle de Buggie et de toute l'équipe de Grève86 - Tous droits réservés