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Lundi 15 mars 2004


AG INTER-ETUDIANTS 11H AMPHI J

Propositions d'actions à mener:
      - Pour lundi après-midi:
                  15h Blocus de l'IUFM
                  18h Une délégation d'étudiants reçus par Mme la Rectrice
      - Pour tous les jours: Occupation de différents forums des grands médias pour faire circuler l'information. Inscriptions pour faire partie de l'action sur greve86@yahoogroupes.fr


M. Bertrand Geai intervient pour faire un résumé de l'AG du collectif des enseignants-chercheurs, professeurs, chercheurs et personnel IATOSS.

Il précise que le collectif soutient le mouvement étudiant et le mouvement Sauvons la Recherche, et élargit les revendications communes en le rapportant aux attaques du service public (LMD, lois de modernisation, précarité, budget de l'éducation, santé, recherche, "privatisation des services sociaux"...).
Le collectif lance un appel aux enseignants à prendre en compte les actions et les répercussions du mouvement des étudiants, sur leur enseignement, en passant par une non pénalisation aux examens.

Il nous informe également de ce qui a été retenu à l'AG de vendredi soir à 17h à la maison du peuple: c'est poser la question de comment donner suite aux mouvements. La réponse fut celle d'élargir le mouvement du fait de l'attaque de l'ensemble du service public.

Discussion des actions pour la semaine:
       - Investir l'IFUM jusqu'à ce que les CRS viennent nous chercher
       - Rebloquer l'UFR STAPS, sachant qu'un mouvement national est organisé le 18 mars à Paris.
       - Investir la fac de Droit.


UNE APRES-MIDI DE MOUVEMENT OU MOUVEMENTEE

Le rendez-vous est fixé à 15h, sur la place d'Arme. Tout le monde se rassemble et s'excite à l'idée de manifester. Environ 800 personnes sont présentes, voir plus.

15h30 on décolle, direction l'IUFM. Les portes du bâtiment "éducatif" sont closes. On décide donc de se rendre au bâtiment "administratif", mais là aussi les protes nous sont fermées. Quelques courageux escaladent le mur, pour investir les lieux; mais, au bout d'une heure d'attente, on est entré, la grille s'étant ouverte pour laisser sortir quelques gentils et joyeux futurs enseignants.

Un sitting s'organise. Pacifique? Oui et non, puisque nous sommes là pour bousculer l'opinion. La cours est pleinement occupée, de la musique se joue au son de cloche et percussions de poubelle, certains jouent aux cartes, d'autres encore discutent pour tuer le temps. Une monitrice éducatrice est parmi nous et prend la parole pour nous rallier à leur cause. Un rendez-vous est proposé: mercredi 17 mars 14h30, devant la préfecture, pour une manifestations.

On nous dit que le directeur de l'IUFM menace d'appeler les forces de l'ordre. On patiente et on nous dit qu'il faut se tenir prêt à bouger rapidement d'un moment à l'autre. Il se déplace tout de même pour nous dire qu'il est prêt à recevoir une délégation. Hors cela c'est déjà produit la semaine dernière et cela n'avait rien donné.

L'investissement de la cours du bâtiment "administratif" était, en fait, un subterfuge; juste pour que la peur se lève au sein du bâtiment "éducatif", pour qu'ils ouvrent à nouveau les portes. D'ailleurs cela a bien fonctionné. Dès le refus à l'invitation du directeur, nous sommes retournés à l'objectif premier.

Il est 16h45. Les portes étaient bien réouverte. Nous investissons les lieux, on se réparti sur les différents niveaux du bâtiment. On s'assoit dans les couloirs et on patiente! Des chants et des slogans se font entendre. Le but est d'occuper jusqu'à ce qu'on nous sorte.

17h45 On viens de nous informer qu'ils (les responsables de cet établissement) avaient appelé les CRS. On les attend d'un pied ferme, tous assis. La tension monte, on ne sait pas ce qu'il va nous arriver.

L'attente, la patience c'est la clef du mouvement. Alors on attend sagement, sans bouger, sans violence.

18h15 Toujours pas de flics. Une équipe de France 2 est là. Ils prennent des images. Plutôt cool, c'est enfin médiatisé.

Une délégation devait être reçu par Madame la Rectrice, à 18h, mais elle a annulé la "réunion" car le blocus de l'IUFM la gênait.

Il est 18h45 et il ne c’est toujours rien passé. On commence à ressentir de la fatigue, la faim. On nous dit que ça y est, qu'ils sont là. Tout le monde se prépare. L'énergie revient en chacun de nous.

18h50 Une nouvelle info tombe: les "hommes en bleu" ne seraient pas réellement prêts. On ne sait pas quand ils vont intervenir, cela peut-être dans quelques minutes, dans une heure ou bien plus tard encore. Ils veulent nous mettre la pression, ils veulent que l'on parte par ennuie, par lassitude; mais on est remonté, motivé. On ne bouge pas.

On patiente sagement, on discute, on joue, on chante, certains se sont assoupis. En tout cas cela n'aura pas servi à rien, parait-il que l'information serait remontée jusqu'à Matignon. Mr Raffarin doit être mal à l'aise.

Encore une info: le premier appel passé aux forces de l'ordre était un "piège". En réalité ce n'était qu'une stratégie, pour "gagner du temps", pour nous épuiser, puisqu'ils ne les avaient pas prévenus. Ils ont perdu, ils sont tombés sur des têtus.

Il est 19h, ils sont censés arriver dans 35 minutes.

19h40 On nous dit comment cela va ce passer. Les flics vont déplacer les personnes se trouvant dans le hall d'entrée et les autres, ceux des couloirs devrons sortir les mains sur la tête. Quelle image devant les médias!

20h15 Toujours dans l'IUFM. L’info de tout à l'heure est encore trompeuse. En réalité, c'est que cela gêne que les CRS nous bouge devant les yeux des caméras. Légalement ils ont jusque minuit pour intervenir. On discute de comment s'organiser pour se ravitailler, la faim gagne le "bataillon".

Le président a appelé Mr le Préfet et les CRS arriveraient dans environ 30 min. Ils auraient prévu environ 200 à 300 "gros bras".

20h45 Ils sont là. Ils nous demandent que cela se passe dans le calme, mais c'est ce que nous souhaitions. Ils ont déplacés les gens, un à un, en les soulevant. C’était amusant quelque part, il n' y avait pas de violence, c'était purement symbolique et les CRS le savaient. Ils avaient eux-mêmes le sourire.

Les gens des couloirs sortent les mains sur la tête. Les slogans reprennent dans la rue. La foule reste compacte. Un cri de victoire résonne dans la rue Jules Ferry. Les médias sont là. Un remerciement pour notre patience et notre présence, et la foule se dirige vers le centre ville. Encore quelques slogans et un arrêt devant le local de l'Union pour le Mouvement Populaire. Des huées se font entendre. Enfin de retour Place d'Armes. On se disperse, certains s'attardent.



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