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Jeudi 25 Mars 2004


Opération murage du rectorat par les étudiants.

Le rendez-vous était donné le jeudi matin à 6h30, place d’armes, face à l’Hôtel de ville. Entre 300 et 400 étaient là, malgré une nuit courte suite au «camping géant» organisé la veille.
Chacun des étudiants était muni d’au moins un parpaing.

A 7h00, le parpaing sur l’épaule, et ou dans un chariot de supermarché, nous nous sommes tous dirigés vers le rectorat. Arrivés là-bas, nous avons commencé à bâtir un premier mur devant l’entrée principale et un groupe d’étudiants s’est assis devant pour bloquer un minimum la circulation. Un chariot a également été perché en haut des grilles pour illustrer ce qui avait été bombé sur le mur : « l’école n’est pas une marchandise ». Une deuxième partie des étudiants est allée devant une autre entrée possible (entrée pompiers pour le lycée Victor HUGO) et y a monté un second mur, où «  4 ans d’études pour se retrouver face à 1 … » à été également bombée. Nous avons, vers 8h30, également filtré à l’entrée principale du Lycée Victor Hugo, pour éviter que le personnel du rectorat, que nous souhaitions gentiment déranger.

Il faut dire que nous avons largement réussi notre coup. Certains des employés étaient plutôt heureux de notre action, et nous ont même encouragés. D’autres se sont montrés un peu plus virulents. A l’entrée du lycée un monsieur s’est permis de s’énerver après les étudiants qui ne le laissaient pas passer. Il a d’ailleurs eu recours à la violence, ce que je trouve relativement navrant étant donné que nous restions particulièrement calme face à lui. Entre 9h00 et 9h30, alors, que certains d’entre nous se trouvaient devant l’entrée du lycée, on nous a prévenu que le commissaire était en train de démolire le premier mur. Nous nous sommes donc précipités (oui c’est bien le mot) pour tenter de protéger notre œuvre de maçonnerie. Nous avons formé une petite chaîne humaine, afin de les empêcher de continuer. Malheureusement ils ont continué, et ont failli assommer quelques-uns d’entre nous, avant de décider de nous attraper par le bras et de littéralement nous éjecter pour pouvoir détruire ce que nous avions construit. L’utilisation de la force n’était peut-être pas nécessaire à ce niveau-là, étant donné que nous étions une fois de plus, calmes et pacifiques. Voyant qu’ils ne s’arrêteraient pas de détruire ce mur-ci, nous nous sommes dirigés vers le second que nous avions montés.

A 9h35, devant ce mur, nous n’étions plus qu’une quarantaine « d’irréductibles gaulois » attendant que messieurs les policiers viennent nous chercher, et détruire cette deuxième magnifique œuvre ! Cependant un problème s’est posé de leur côté. Etant donné qu’ils ne voulaient pas que nous allions remonter le premier mur pendant qu’ils démonteraient le second, ils ont appelé les services de nettoyage de Poitiers, qui ont mit beaucoup de temps a arriver.
Pour passer le temps, nous avons fait quelques parties de 1, 2, 3 parpaing (version improvisée de 1, 2, 3 soleil, par des étudiants fatigués), avec les policiers qui nous surveillaient (bon un peu à leur insu, d’accord, mais ça marchait bien…)
Une personne assez importante du rectorat ou du lycée est venue nous voir en nous disant que nous bloquions l’entrée pour les pompiers du lycée, et il nous demandait expressément de quitter les lieux, sinon, il allait porter plainte contre nous. (Pauvre Mr X…). Après 3 sommations de sa part, nous avons fait un vote afin de voir si on allait quitter les lieux ou non.

Vers 11h30, on a donc décidé enfin de nous disperser, en laissant notre œuvre en place. Et en se donnant rendez –vous l’après-midi même à 14h00 sur la place d’armes, pour aller faire un sitting devant la préfecture, action qui se révélait  être nationale.

Nous avons été peu nombreux, certes, mais nous étions là. Une petite centaine d’entre-nous s’était donc réunie, et nous y sommes restés de 14h30 à 15h30, action symbolique, car tout le monde, après les précédentes 24 heures était tout de même un petit peu fatigué.


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