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mercredi 24 mars 2004


Okupation de la fac de Grenoble, 3° jour


  


On occupe, On s'occupe, On s'en occupe ? Depuis hier, occupation sans droit ni titre, rêveusolutionnaire et d'une durée indéterminée de la fac de Grenoble. Viens planter ta tente, qu'importe ton statut (ça n'existe pas).


On occupe, On s'occupe, On s'en occupe ? Depuis hier, occupation sans droit ni titre, rêveusolutionnaire et d'une durée indéterminée de la fac de Grenoble. Viens planter ta tente, qu'importe ton statut (ça n'existe pas).

La Fac Grenobloise est occupée (poil à la CGT)

On occupe… On s'occupe… On s'en occupe ?

Suite à l'occupation précédente (novembre-décembre dernier) de la fac de lettres qui s'inscrivait dans le triste contexte d'un triste « mouvement étudiant » de plus, contre les quelques réformes de plus, Suite à l'occupation du théâtre Le Rio (lieu public menacé de privatisation)par diverses personnes, pas que intermittentes, pour chercher la culture (en tant que mode d'être ensemble) sous les promesses bouseuses de la Mairie de Grenoble, Suite à l'occupation, trois mois durant, du parc Paul Mistral, une lutte contre l'urbanisme pompier, panoptique et triomphant des énarques aux rênes de la ville, Suite aux occupations diverses et variées de lieux tous plus vides les uns que les autres, laissés en friche par la spéculation immobilière, et l'absence de vraie vie partout ailleurs, qui se poursuivent ici dans moult squats d'habitation et d'activités (citons les 400 couverts, la Loupiote, le Golgoth-A-XXX désormais vide, la Flibustière, expulsable…),

La pelouse devant la Bibliothèque en travaux, en face du terminus du tram, est occupée depuis hier, par un groupe d'individuEs, affranchiEs pour le coup des figures imposées par la levée d'un « mouvement » classique (« ben, faut être unitaire », « ben, on peut pas montrer aux gen-te-s qu'on est pas d'accord entre nous… », « ben, vous foutez le bordel… » et autres joyeusetés), cherche sous la pluie pour le moment à construire une occupation, lieu de vie, d'invention, de création de situations, de rencontres…

Contre l'urgence et la réaction systématique aux éterrnelles rengaines étatiques, nous voulons d'un lieu de vie où se croisent un bon milliard de bonnes raisons de lutter, d'occuper, et même de mauvaises. Pourquoi occuper, sans raison précise affichée (« contre les réformes », ou « contre la hausse des frais d'inscription », « on veut des Mars et des machines à café ») Parce qu'il nous semble que l'occupation sauvage de lieux publics ou privés restés en friche, notamment les territoires du campus, vidés de sens par l'absence de vie, d'idées qui y règne, est plus efficace qu'un long défilé guignol de badauds enmoutonnés qui rentrent chez eux au soir pour écouter Rance Inter, regarder Rance 2 et s'entendre dire qu'illes étaient nombreux. Parce que nous pensons sincèrement que la création de lieux de vie, zones autonomes temporaires, ponctuelles ou permanentes est le seul moyen de créer une véritable pratique en lien avec nos bien belles idées, de les vivre dans une continuité plus cohérente, et de créer des foyers de révolte, seuls à même d'appeler à l'insurrection contre l'ennui et le compromis qui nous rongent. Parce que la réappropriation d'espaces publics que l'on se fait une joie d'autogérer (même si c'est pas d'la tarte) est à même de créer des dynamiques libératrices, émancipatrices (tant que nous ne communiserons pas les espaces publics, ils ne nous appartiendront pas en propre) et joyeuses. Parce que nous voulons détruire l'Université productive, ses valets (professeurEs, conseillèrEs d'orientation, et autres bureaucratEs, autocratEs, et présidentEs) pour construire des lieux autogérés et populaires d'échanges de savoirs, non destinés à nous employabiliser, mais bien à nous permettre de choisir consciemment les modes de vie que nous souhaitons adopter. Parce que, contre l'urgence, nous voulons prendre du temps, un temps gratuit, non salarié, notre temps, sans nous épuiser dans un militantisme du désespoir (tractage, manif, pétition, tractage, manif, pétition, contrôle « citoyen » des faits et gestes des Etats mangeurs de vie), pour créer de nouvelles formes de lutte, pas forcément fédératrices (l'union à tout prix, ben c'est toujours les plus cons…sensuels, qui y gagnent, UNEF, CGT, briseurs de rêves…) mais créatrices, construites sur des modes de fonctionnement se voulant égalitaires , contre le sexisme, l'autoritarisme, les lois du plus fort et du plus gueulard qui règnent dans les Assemblées Générales classiques. Nous pensons qu'un mouvement, même large, construit sur ces bases poisseuses d'avant-gardisme réactionnaire et opresseur (3 mecs burnés à la tribune qui jouent leur popularité) ne nous donnera que de maigres réactions de la part du pouvoir (retirer une réforme pour la refaire passer par décret ou sous un autre nom), et une révolution merdeuse, pour « un autre monde » reproduit à l'identique, mais avec du café équitable tous les matins ( nos poches percées préfèrent que nous récupérions ce dont nous avons besoin dans les surplus des poubelles du système et que nous pillions les opresseurs, contre le chômage et la vie chère).

Nous démarrons juste, et allons installer une tente infokiosk, une zone de gratuité, une cantine prix libre et végétarienne tous les midis, créer des ateliers d'action directe, des cabanes un peu partout, du sens. Nous allons marcher à l'envers, insulter les réactionnaires, boire des tisanes au gingembre, danser la mazurka. Nous sommes en lutte, entre autres, et plus pragmatiquement contre la présence policière renforcée à la fac, contre la création d'un groupe fasciste des Jeunesses Identitaires sur le campus, contre toute forme de résignation, contre l'idée de nature et pour des bouleversement effectifs de la vie quotidienne.

Nous donnerons régulièrement des nouvelles sur les différents médias alternatifs, qui sont les outils d'une information libre, créée par celleux qui vivent la réalité, non par celleux qui veulent nous la faire miroiter (médiarques et torchons officiels)…

Une dernière chose, le but de cette occupation n'étant pas l'union, nous ne signerons pas d'un : LES occupant-es définitif et avarié. Chacun-e a ses raisons, est capable de les énoncer par ellui-même sans l'influence malsaine des couleurs politiques ou, berk, apolitiques, dominantes, les raisons pour lesquelles ilelle décide de décider de sa vie.

Des occupant-es, à Grenoble le 23 mars 2004, nom de Zeus !

Ah oui, et nous apellons tou-te-s cellezéceux, grenoblois-es ou non, à venir visiter, autogérer, et pourquoi pas occuper cette chouette pelouze avec nous.



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